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En savoir plus sur la consommation d’insectes en Afrique. Le marché des insectes alimentaires est très important en Afrique, il serait même énorme pour peu qu’on parvienne à satisfaire la demande en développant la production, la transformation et la distribution avec des techniques modernes », estime Honoré Tabuna, expert en marketing des aliments traditionnels et valorisation de la biodiversité de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC).

Actuellement, la consommation atteint des dizaines de milliers de tonnes sur le continent, à raison, par exemple, de près d’un kilogramme de chenilles par habitant et par mois en Afrique centrale. L’entomophagie se structure autour d’une autoconsommation rurale traditionnelle mais également d’une filière économique aussi dynamique qu’informelle, à destination des centres urbains. Comme pour les autres produits alimentaires non conventionnels – qu’on trouve à l’état naturel –, le ramassage des insectes est surtout l’affaire de femmes et d’enfants, selon les régions. La collecte reste une activité très artisanale et saisonnière, avec des rendements variables en fonction des conditions environnementales, culminant à près de 15 kilogrammes par hectare dans les plantations du Zimbabwe.
Mais c’est un commerce rentable et les différents protagonistes, collecteurs, traitants, transformateurs, grossistes et détaillants, en tirent des revenus non négligeables. « Une marchande de chenilles dans les rues de Bangui gagne davantage, pendant la saison, qu’un instituteur », rapporte le spécialiste.
Répondant à des habitudes de consommation issues des traditions propres à chaque ethnie, les acteurs proposent leurs produits sous de multiples formes : insectes frais, cuits à l’étouffé, grillés, bouillis, fris, fumés, écrasés dans les aliments pour enfant… Les opérateurs pratiquent un ethnomarketing très imaginatif et efficace. Ils distribuent des insectes partout où il y a des consommateurs africains, en Afrique naturellement, mais aussi dans les circuits de distribution des aliments ethniques, comme le « marché de Château Rouge » à Paris, Matongé à la Porte de Namur à Bruxelles, Forest Market et Brixton Market à Londres. Sur la brèche, ils développent même de nouveaux produits adaptés aux goûts et aux contraintes des clients, comme les larves surgelées ou en brochettes. La chair des insectes est très appréciée, au-delà même des habitudes ethniques, et la demande potentielle surpasse largement l’offre disponible. « Il y a plus de 100 millions de consommateurs potentiels d’insectes en Afrique centrale, 500 millions si l’on ajoute l’Afrique australe, l’Afrique de l’Est et une partie du Nigeria. Malheureusement la seule source reste saisonnière et d’origine spontanée », déplore le spécialiste.
Convaincu de l’existence d’un fabuleux marché, adossé aux attentes des consommateurs et aux nécessités nutritionnelles d’une population n pleine croissance démographique, il prône le développement d’élevages d’insectes comme il en existe déjà en Asie.
L’idée est d’associer des compétences scientifiques, agro-industrielles et commerciales au dynamisme des acteurs présents sur le marché pour produire et distribuer des insectes toute l’année. Un programme en ce sens est en cours d’élaboration à la CEEAC.


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