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En Occident, on se délecte d’escargots, d’huîtres et de crevettes. Alors pourquoi l’idée de manger des insectes bio en rebute-t-elle autant ?

Plus d’un millier d’espèces d’insectes est consommé avec bonheur à travers l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud : des grillons, des guêpes, des fourmis et même des libellules. Simple bon sens : les insectes sont riches en protéines, en fibres, en vitamines et en minéraux, alors même que leur élevage est plus économe en espace et en ressources que le bétail conventionnel. Et dans l’optique de nourrir de façon durable les neuf milliards d’individus avec lesquels on partagera la planète d’ici 2050, ce n’est pas anodin. Pourtant sous nos latitudes, on ne présente la consommation d’insectes que comme une punition ou un défi, façon Man vs Wild.

Mais la vérité, c’est qu’on est très ignorant sur le sujet. D’abord, il ne s’agit que rarement de les manger crus, et encore moins vivants. Les insectes sont généralement frits, grillés ou déshydratés – et donc croustillants – et leur saveur torréfiée est un support idéal pour toutes sortes d’épices et d’aromates (bien pratiques aussi pour masquer une éventuelle amertume).

Manger des insectes pour leurs vitamines, protéines et oligo-éléménts

Manger des insectes bio pour leurs vitamines, protéines et oligo-éléménts

Un produit inhabituel

C’est ce constat qui a poussé deux jeunes Français intrépides à créer Jimini’s, une marque d’insectes comestibles à grignoter. Leurs criquets et leurs molitors – de grosses larves déshydratées, si, si – sont assaisonnés (ail et fines herbes, sésame et cumin, curry fruité…) et présentés en petites boîtes à partager. Leur idée, c’est de populariser la consommation des insectes bio en l’attaquant par la face ludique et conviviale. Et effectivement, ça fait son petit effet lors d’un apéro avec des amis, quand les cris d’effroi et les rires nerveux laissent place au consensus : c’est inhabituel, mais c’est très bon. Si on a envie de passer à l’étape suivante et cuisiner ses propres insectes – en salade ! avec des spaghettis ! enrobés de chocolat ! – il faut s’approvisionner en insectes « nature ». Méfiance si on veut les récolter soi-même : il est difficile d’identifier les espèces consommables, et encore plus de s’assurer qu’ils ne sont pas contaminés aux pesticides et divers polluants.

On peut donc se tourner vers les sites spécialisés, en s’assurant qu’ils vendent des produits destinés à l’alimentation humaine (les reptiles s’en délectent aussi) et en privilégiant ceux qui offrent transparence et traçabilité. Comme pour tout aliment, il faut s’intéresser à la provenance (on préférera une production française ou hollandaise à un import du bout du monde) et au mode d’élevage (alimentation des insectes, respect de l’environnement).
S’il n’existe pas (encore ?) de certification « Agriculture Biologique » pour les insectes, le producteur midi-pyrénéen Micronutris s’engage à nourrir ses insectes avec des aliments bio, à l’exclusion de toute substance accélératrice de croissance.
Et si tout ça reste encore au-dessus de vos forces, rassurez-vous : comme la consommation d’insectes en l’état risque de mettre du temps à entrer dans notre culture, les chercheurs planchent sur des farines d’insectes qui permettront ni vu ni connu de booster l’apport nutritionnel de vos plats préférés.

Attention : la consommation des insectes est à éviter absolument si vous êtes allergiques aux crustacés.

Livre : Les Insectes comestibles, S. Much (Plume de Carotte).


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