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Dans les régions les plus pauvres de Thaïlande, les fermes d’insectes comestibles biologiques apportent une nouvelle source de revenus aux habitants qui dépendaient jusqu’à lors d’une agriculture précaire.

Les criquets qui y sont élevés font désormais le régal des consommateurs asiatiques et, de plus en plus, de certains Occidentaux qui s’y intéressent. Ils procurent aussi l’autosuffisance alimentaire aux habitants de la région, et bien davantage !

Boontham, un fermier de 47 ans qui s’est lancé dans cet élevage il y a 4 ans, avec peu de dépenses d’investissement et d’entretien, fait désormais un profit de 3.000 dollars par an [le revenu moyen est d’environ 2.200 dollars par an dans cette région peu développée]. Et son voisin a pu emmener son fils à l’université grâce à cette pratique. Les éleveurs de criquets ont depuis formé une coopérative avec l’appui des autorités locales et de l’université de Khon Kaen (un établissement impliqué dans le soutien à cette forme d’élevage).

Ferme d'élevage d'insectes comestibles bio en Thaïlande

Ferme d’élevage d’insectes comestibles bio en Thaïlande

A l’échelle du pays, plus de 20.000 fermes d’insectes comestibles biologiques sont enregistrées, la plupart d’entre elles sont de petites exploitations familiales. Elles produisent 7.500 tonnes de bestioles bien croquantes qui en font la première nation productrice de ce type de nourriture dans le monde.

Selon la FAO, les insectes biologiques font partie du régime alimentaire habituel dans plus de 100 pays avec plus de 1.600 espèces consommées. En Chine, on les consomme depuis 5.000 ans et on leur attribue même des propriétés médicinales, par exemple aux cafards qui sont de plus en plus élevés pour ce motif ! En Thaïlande, environ 200 espèces sont consommées dans toutes les classes sociales (pas seulement chez les populations rurales pauvres).

Les petits élevages d’insectes sont encouragés par la FAO (rapport de cette institution paru en 2013) en raison de leur faible coût, du complément de revenus qu’ils procurent aux habitants, de leur intérêt nutritionnel et de leur faible impact sur l’environnement. De plus, ils peuvent être réutilisés dans l’alimentation des poissons et volailles. Consommer des insectes biologiques est aussi une méthode écologique pour lutter contre des ravageurs. Suivant l’exemple thaïlandais, des pays comme le Ghana et le Laos développent désormais des élevages d’insectes biologiques familiaux.

L’élevage d’insectes comestibles biologiques ne nécessite pas de produits d’origine animale, d’antibiotiques ni d’hormones de croissance, et peu d’eau ou de nourriture. Produire 1 livre [env. 450 grammes] de boeuf nécessite plus de 10.000 litres d’eau et 11 kg de végétaux, contre 3 litres d’eau et 900 grammes de végétaux pour le poids équivalent en viande de criquets !

Une portion de 170 grammes de criquets comprend beaucoup plus de vitamine B12 et deux fois moins de graisses saturées que l’équivalent en viande de boeuf.

Ce qui fait que même les Occidentaux commencent à s’y intéresser…

Par exemple, des barres énergétiques aux criquets sont commercialisées aux Etats-Unis (qui voient apparaître leurs premières fermes à insectes biologiques destinés à la consommation humaines), alors que des restaurants de Paris ou Londres servent des tapas et des sandwichs aux chenilles !

Une fois passés les blocages d’ordre psychologique ou culturel, il apparaît que les insectes biologiques sont très agréables à manger ! Les criquets sont croustillants et leur saveur rappelle la noisette, les “vers de bambou” [chenilles d’un papillon de nuit] font penser à des chips sans sel, les larves de charançons du palmier [que l’on connaît aussi comme un ravageur des dattiers sur la Côte d’Azur !] ont un goût de soupe au bacon douce !

Source : Huffington Post


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D’ici quelques décennies, les insectes comestibles bio pourraient bien évincer le steak de nos assiettes. Nous en avons goûté pour vous.

L’épicerie fine Nulle part ailleurs de la rue Saint-Nicolas à Poitiers, propose entre autres produits plus conventionnels, des criquets et autres vers molitors aromatisés. Tomate et poivre pour les premiers ou ail et fines herbes pour les seconds, ces insectes de la marque Jimini’s n’ont finalement que l’apparence de répugnante. En bouche, les deux espèces frites sont croustillantes puis fondantes après mastication. Si l’insecte semble insipide, l’ail est très prononcé sur le molitor et la préparation tomate et poivre est quant à elle d’une surprenante justesse. Les deux produits sont en revanche très salés. Comme leurs prix. Il vous faudra débourser 8,90 € pour une boîte d’une quinzaine de criquets ou d’une centaine de molitors. Ils se marieront parfaitement avec un apéritif, pour surprendre vos amis.

Plat d'insectes comestibles

Plat d’insectes comestibles

Pourquoi consommer des insectes bio ?

Depuis des millénaires, l’homme moderne ou homo sapiens est entomophage. En d’autres termes, il consomme des insectes bio. Voilà quelques siècles que nous autres, occidentaux, avons rompu avec cette habitude alimentaire. Ces animaux, considérés comme nuisibles, sont par ailleurs largement consommés en Asie ou en Afrique. Depuis quelques années, nous observons en Europe un regain de notoriété pour ces mets à l’aspect peu ragoûtant. Plébiscités par les défenseurs de l’environnement, les insectes comestibles bio sont une alternative efficace à la viande de bœuf. Notamment en terme de production de gaz à effet de serre et de consommation d’énergie. D’autant que ces spécimens sont riches en protéines et pauvres en graisses.

Briser les barrières gustatives et psychologiques

Vous en avez peut-être même déjà consommés sans le savoir, le très utilisé colorant E120 (rouge) étant fabriqué avec le corps séché de la cochenille du chêne kermès. Toutes les conditions sont donc réunies pour que le criquet supplante notre traditionnel steak haché. Restent à briser les barrières gustatives et psychologiques. Si pour la réticence psychologique, vous devrez vous armer de votre seul courage. Pour la saveur, vous pouvez nous faire confiance, l’insecte se laisse déguster.


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Ah ces fameux insectes dont on n’arrête pas de nous parler en ce moment ! La production de viande coûte cher, consomme beaucoup, etc, alors la consommation d’insectes serait LA solution pour l’avenir.

Et en plus, leur teneur en protéines serait supérieure à la viande et au poisson. Alors qu’en est-il de ces insectes comestibles ? La réponse, j’espère, avec cet ouvrage de S. Much, publié chez Plume de carotte, collection Terra curiosa.

J’ai déjà goûté à des insectes, à vrai dire. Ils étaient séchés, et ce n’était pas… très goûtu. J’ai juste pris 2 ou 3 petits bouts, mais ça avait surtout goût de fumé, de cendres. Bref, ce n’était pas transcendant. Cependant, c’est tout à fait par hasard que je me suis retrouvée à lire ce livre. En effet, en me baladant dans les rayonnages de la bibliothèque de ma ville, je suis tombée sur celui-ci en tête de rayon. Curieuse d’en savoir plus sur ce que ces petites bêtes pourraient nous apporter, je l’ai donc emprunté.

Un livre instructif sur la consommation des insetes

Un livre instructif sur la consommation des insetes

Ce livre se compose de deux parties :

Manger des insectes

Cette rubrique est fort instructive. En effet, elle débute sur un historique de la consommation d’insectes. C’est là qu’on apprend, en fait, qu’il y a fort longtemps, ils étaient très consommés. Les coutumes des différents pays sont également présentées. On nous parle ensuite des différents types de consommation (frais, grillés, séchés), puis, de leurs propriétés nutritionnelles. Un chapitre est également fait sur les peurs que nous pourrions avoir à cette consommation. De cette partie, une phrase m’a marquée, et je voudrais vous la citer. « Vous rechignez devant une assiette de cloportes mais vous dégustez avec plaisir du dégueulis d’abeilles (miel), des ovules de poules (œufs), du pain moisi (dans le roquefort), du sang de porc (boudin noir), des intestins (andouilles), de la langue de bœuf, des cuisses de grenouilles, des escargots, des rognons, des tripes… sans parler des huîtres que l’on mange vivantes, de la présure pour faire le yaourt et le fromage qui n’était autre que les sécrétions de l’estomac des veaux et des agneaux. Un criquet est-il si différent de la crevette qui orne nos plateaux de fruits de mer ? ». Même s’il y a quelques produits que je ne mange pas dans cette liste d’exemples, cela pousse à la réflexion.

Portrait d’insectes comestibles

Dans cette seconde partie, les différents insectes y sont décrits. L’auteur nous parle mode de vie, variété des espèces, histoire de leur consommation, etc. Et puis on y parle aussi consommation avec ses utilisations possibles en cuisine, et le goût. Selon les insectes, le côté culinaire est plus ou moins présent. Cette seconde partie s’apparente plus à une mini encyclopédie sur les insectes, ce qui est intéressant, au demeurant, mais peut être un peu long. J’aurais aimé moins d’informations techniques, et plus concernant l’usage en cuisine.

Livre de recettes

Cet ouvrage contient un livret de 14 recettes à base d’insectes. Spaghettis aux grillons, tortilla aux bombyx, quiche aux asticots et larves de ténébrion, fondue au chocolat aux insectes, etc. Bon, le nom des recettes avec ces insectes, perso, j’ai quand même du mal. Mais bon, c’est peut-être bon 😉 .

Bilan : Le livre est intéressant pour qui voudrait une introduction à la consommation d’insectes. Mais il peut également convenir à ceux s’intéressant aux insectes tout simplement. J’ai juste trouvé la seconde partie trop longue, et les recettes, de nom, ne font pas toutes saliver. Néanmoins, si on me prépare un plat à base de ces petites bêtes, mais fraîches cette fois, je serais partante pour tester 😉 . En bonus, il y a également un petit poster à l’ancienne, un peu comme il y avait dans les salles de classe à l’époque.


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Susan Soares, designer d’origine portugaise compte sur l’impression 3D pour encourager la consommation d’insectes en leur donnant un aspect plus attrayant. Préparez-vous à écouter les cigales chanter dans vos cuisines…

Inciter à consommer les insectes grâce à l’impression 3D

Dans quelques dizaines d’années, les insectes constitueront peut être une partie de notre alimentation. L’ONU estime que, vu l’évolution croissante de la population mondiale, il deviendra nécessaire de trouver de nouvelles sources d’alimentations. Hors, la consommation d’insectes possède de nombreux avantages. Riches en apports nutritionnels, ils sont présents sur tous les continents depuis la nuit des temps, supportent tous types de climats ou presque, et représentent déjà un régime alimentaire pour de nombreuses cultures. L’élevage, facilement réalisable et économique, est bien moins polluant qu’un élevage de bétails pour un rendement bien plus élevé.

Fort de ces nombreux avantages, la pratique de l’entomophagie ( la consommation d’insectes par les humains) se confronte à un problème de taille. Les consommateurs potentiels ne sont pas encore prêts à franchir le pas. Beaucoup ont en horreur, leur seule présence et les manger dépasse l’entendement. C’est pourquoi Soares a eu l’idée de concevoir une pâte comestible à base de crickets et de bousiers, destinée à être modelée par impression 3D, histoire de donner un aspect plus séduisant que leur aspect original. Toutes sortes de formes et de motifs seraient alors envisageables. Soares pourrait amorcer ce virage culinaire inéluctable pour certains spécialistes, et jouer un rôle majeur dans notre futur mode de consommation.

Bon appétit bien sûr !