[Total : 2    Moyenne : 3.5/5]

L’accroissement dĂ©mographique est en train de provoquer une surconsommation des protĂ©ines animales, faisant craindre trĂšs bientĂŽt une carence nutritionnelle et une catastrophe Ă©cologique. Ceci est d’autant plus alarmant que la population mondiale sera composĂ©e de 9 milliards d’individus d’ici 2050.

Des solutions alternatives ont Ă©tĂ© longuement Ă©tudiĂ©es afin de prĂ©venir cette impasse comme la valorisation des protĂ©ines d’origine vĂ©gĂ©tale et l’élevage massif d’insectes biologiques, en adĂ©quation avec les recommandations de l’Organisation mondiale de la SantĂ© en 2013

Des plats culinaires à base d’insectes comestibles biologiques

L’entomophagie est une pratique sĂ©culaire, dont on retrouve des traces depuis l’AntiquitĂ©. Le philosophe grec Aristote en avait vantĂ© les bienfaits, notamment du goĂ»t dĂ©licieux des cigales. Si les Romains attachaient une saveur particuliĂšre aux scarabĂ©es, la Bible – quant Ă  elle – a plusieurs fois fait mention de consommations d’insectes biologiques comme la sauterelle, particuliĂšrement dans le lĂ©vitique 11 :20-23. On compte aujourd’hui 2,5 milliards de personnes dans le monde, essentiellement rĂ©parties en Afrique, en Asie et en AmĂ©rique latine qui se nourrissent d’insectes biologiques au quotidien. Ces consommateurs en sont friands, tellement que certains plats sont considĂ©rĂ©s comme des chefs d’Ɠuvre gastronomiques comme :

La soupe aux Ɠufs de fourmis
Les biscuits de guĂȘpe
.

A part cela, les insectes biologiques sont également trÚs prisés pour leurs vertus médicinales.

Manger des insectes comestibles biologiques est excellent pour la santé

Manger des insectes comestibles biologiques est excellent pour la santé

Une alimentation riche en protéines

Les protĂ©ines sont des molĂ©cules, essentiellement composĂ©es d’acides animĂ©s, qui contribuent Ă  la crĂ©ation et au renouvellement des tissus. L’organisme humain ne peut pas en crĂ©er, de sorte qu’elles doivent ĂȘtre rĂ©guliĂšrement apportĂ©es par une alimentation saine et Ă©quilibrĂ©e. De ce fait, la consommation d’insectes comestibles biologiques est une solution efficace pour maintenir une bonne vitalitĂ©, car elles contiennent des protĂ©ines en surnombre, entre 45 et 75% de leur poids sec -, des omĂ©gas 3 et 6, des vitamines, des acides gras ainsi que des minĂ©raux essentiels comme le phosphore, le magnĂ©sium, le zinc, le cuivre, le manganĂšse ou le sĂ©lĂ©nium. Pour l’exemple, la valeur Ă©nergĂ©tique d’un grillon est trois fois supĂ©rieure Ă  celui d’un bƓuf Ă  poids Ă©gal. Ces apports nutritifs complets vont Ă©galement nous prĂ©server des petites fringales qui trop souvent, mĂšnent au grignotage et Ă  l’obĂ©sitĂ©.

MĂ©fiance et dĂ©goĂ»t : des freins Ă  l’entomophagie

MĂȘme si la consommation d’insecte biologiquess est trĂšs prisĂ©e dans certaines parties du monde, en Europe, elle inspire toujours de la mĂ©fiance et mĂȘme du dĂ©goĂ»t. Leur physique disgracieux y est pour beaucoup ainsi que la crainte innĂ©e de leur morsure. Pourtant, avec l’accroissement dĂ©mographique, il faudra bien tĂŽt ou tard se rĂ©soudre Ă  intĂ©grer les insectes biologiques dans notre alimentation. Sous une prĂ©sentation plus gastronomique afin de gĂąter les yeux et les papilles, elles sĂ©duiront certainement les plus rĂ©fractaires. En plus, elles prĂ©sentent l’avantage de joindre l’utile Ă  l’agrĂ©able puisque chaque plat dĂ©licieux correspond Ă  plein de protĂ©ines pour plus de tonus!


[Total : 4    Moyenne : 3/5]

Dans le cadre de la semaine du goĂ»t, on a essayĂ© de vous trouver quelques saveurs insolites et parmi les idĂ©es qui nous sont venues Ă  l’esprit il y avait les insectes biologiques


Et oui, il parait que l’entomophagie, l’alimentation Ă  base d’insectes biologiques, sera l’une des composantes de notre nourriture de demain, alors autant voir tout de suite ce qui nous attend ! MalgrĂ© nos recherches, nous n’avons trouvĂ© aucun restaurant en DrĂŽme ou en ArdĂšche qui nous propose des Ɠufs de fourmis au curry, des grillons Ă  la mayonnaise ou des criquets grillĂ©es Ă  la crĂšme d’asperge. En effet, la loi Française ne plaisante pas avec la sĂ©curitĂ© sanitaire, cette alimentation qui n’est pas trĂšs connue en France bĂ©nĂ©ficie d’un contrĂŽle trĂšs rigoureux.

Joseph Jacquin-Porretaz, Directeur du NaturoptĂšre de SĂ©rignan du Comtat dans le Vaucluse avait proposĂ© une dĂ©gustation d’insectes lors d’une fĂȘte de la science, je l’ai donc contactĂ© pour savoir comment il avait fait pour organiser cet atelier. Le « Naturoptere » ne possĂšde pas de restaurant, la lĂ©gislation est donc plus tolĂ©rante. Il existe des Ă©levages d’insectes biologiques en France, notamment dans la rĂ©gion de Lyon et Ă  Montpellier. Joseph Jacquin-Porretaz avait rencontrĂ© l’un d’eux lors d’un salon des insectes organisĂ© Ă  Lyon. Il s’agit d’« Entomovia ». C’est donc auprĂšs d’eux qu’il s’était fourni. Pour la forme, il avait prĂ©textĂ© une sorte de jeu de piste dont l’une des Ă©preuves Ă©tait de goĂ»ter Ă  ce met inhabituel. Pour le Directeur du NaturoptĂšre, l’engouement pour les insectes comestibles biologiques viendrait plutĂŽt d’un effet de mode et d’hyper-mĂ©diatisation. D’aprĂšs lui, Culturellement, nous ne sommes pas du tout prĂȘts Ă  cette consommation. Il est vrai que le français affiche gĂ©nĂ©ralement du dĂ©goĂ»t face Ă  une dĂ©gustation d’insectes biologiques
 ça vous Ă©tonne ?

Les sauterelles sont riches en protéines et oméga-3

Les sauterelles sont riches en protéines et oméga-3

Pour parler du goĂ»t, de la saveur et de la texture, puisque c’est cela qui nous intĂ©resse cette semaine, disons d’abord que pour nous, europĂ©en, il n’y a pas un trĂšs large choix qui nous est proposĂ© comparativement aux autochtones d’Afrique du sud, d’Asie du sud-est ou d’AmĂ©rique latine. Les colĂ©optĂšres par exemple nĂ©cessitent d’ĂȘtre dĂ©cortiquĂ©s en raison de leur carapace, ce qui peut s’avĂ©rer fastidieux
 et une fois la carapace ĂŽtĂ©e il ne reste plus grand chose Ă  se mettre sous la dent. Contrairement aux rumeurs, la sauterelle ne se mange pas ! La sauterelle est un insecte biologique carnivore et tout comme les autres animaux carnivores (tigres, chats, loups
) ses qualitĂ©s organoleptiques sont bien moins raffinĂ©s que celles de ses cousins herbivores. Le grillon et le criquet sont par contre bien rĂ©pandus dans la gastronomie entomophage, ils craquent lĂ©gĂšrement sous la dent, un peu comme une crevette mal dĂ©cortiquĂ©e. Les vers de bambous qui sont gĂ©nĂ©ralement apprĂ©ciĂ©s pour la simple raison qu’ils sont bien en chair ou les vers de farines ont eux aussi la particularitĂ© de pouvoir ĂȘtre dĂ©gustĂ©s en France, Ă  condition de les consommer dans un cadre privĂ©, entre amis ou entre ennemis !MĂȘme si tous les insectes entomophages ne sont pas disponibles en France sachez qu’ailleurs il existe un grand nombre d’espĂšces qui nous offre tout un panel de saveurs diffĂ©rentes. Elles peuvent se rapprocher aussi bien de la noisette et de la pistache, que du poisson ou mĂȘme de la pomme de terre. On peut ainsi utiliser les insectes biologiques dans des prĂ©parations sucrĂ©es ou salĂ©es. Pour nous, novices de l’entomophagisme, et au vu du panel restreint qui nous est proposĂ©, le goĂ»t sera plutĂŽt subtil et ce seront principalement les condiments et prĂ©parations qui conditionneront leur goĂ»t.

Vous pouvez commander vos insectes directement sur internet. Le prix oscille entre 5€ et 8€ pour 10 grammes d’insectes biologiques. La plupart de ceux que vous trouverez viennent de l’étranger, et sont ensuite transformĂ©s en France, mais aucune information prĂ©cise ne nous est donnĂ©e sur leurs conditions d’élevage. ENTOMOVIA dont je vous parlais tout Ă  l’heure est une start up Bressane. Elle propose diffĂ©rents insectes biologiques Ă  la consommation. Quentin Bozonnet, le gĂ©rant d’Entomovia, nous explique qu’avant de pouvoir ĂȘtre dĂ©gustĂ©s, ses insectes biologiques, sont Ă©bouillantĂ©s pour enlever les bactĂ©ries, puis dĂ©shydratĂ©s et torrĂ©fiĂ©s au four. Pour nourrir ses petites bĂȘtes, il s’approvisionne auprĂšs des agriculteurs et meuniers bio, histoire de nous proposer un produit de qualitĂ©.

Alors ? Qui d’entre vous se laissera tenter par des chips de grillons pour l’apĂ©ro ?


[Total : 1    Moyenne : 4/5]

La vente d’insectes comestibles bio : une alternative Ă  la viande.La contribution de l’Ă©levage et surtout des bovins, aux problĂšmes de l’environnement est trĂšs importante et il est nĂ©cessaire de trouver des alternatives en toute urgence selon le Rapport de la FAO « L’ombre portĂ©e de l’Ă©levage ».

La demande mondiale en animaux d’Ă©levage va plus que doubler au cours des 50 prochaines annĂ©es (elle devrait passer de 229 millions de tonnes en 1999/2001 Ă  465 millions de tonnes en 2050), tandis que la production animale occupe dĂ©jĂ  70% de l’ensemble des terres agricoles. Le secteur de l’Ă©levage contribue trĂšs largement aux Ă©missions de gaz Ă  effet de serre comme le CO2, le CH4 et le N2O. Il utilise Ă©galement 8% des rĂ©serves d’eau mondiales et la plupart des cultures fourragĂšres et l’irrigation des terres de pĂąturage. L’Ă©levage est un des principaux facteurs de dĂ©forestation et un acteur majeur de perte de la biodiversitĂ© en Europe.

Les insectes Ă©tant des animaux Ă  sang froid, ils ont un taux de conversion Ă©levĂ© en denrĂ©es alimentaires, ainsi par exemple, les grillons ont besoin de six fois moins de nourriture que les bovins, quatre fois moins que les moutons, et deux fois moins que les porcs et les poulets de chair pour produire la mĂȘme quantitĂ© de protĂ©ines. Ils Ă©mettent aussi moins de gaz Ă  effet de serre que le bĂ©tail traditionnel. Le mĂ©thane, par exemple, n’est produit que par quelques insectes comme les termites et les blattes. Dans de nombreux cas, les insectes bio peuvent ĂȘtre Ă©levĂ©s Ă  partir de dĂ©chets organiques. Le rendement en viande aprĂšs la transformation est beaucoup plus Ă©levĂ© pour les insectes bio (criquets par exemple 80%) que pour la viande bovine (55%), le porc (70%) ou l’agneau (35%). Les insectes comestibles sont donc une alternative sĂ©rieuse Ă  la production conventionnelle ou Ă  d’autres sources de protĂ©ines animales, soit pour la consommation humaine directe, soit indirectement en tant que matiĂšre premiĂšre.

La consommation d'insectes comestibles en ThaĂŻlande est extrĂȘmement rĂ©pandue.

La consommation d’insectes comestibles en ThaĂŻlande est extrĂȘmement rĂ©pandue.

L’exploitation durable et les insectes comestibles bio

Les insectes comestibles sont prĂ©sents dans les cultures, les forĂȘts, les terres en jachĂšre et les plan d’eau . Si l’on considĂšre que les insectes occupent un si vaste Ă©ventail d’habitats, ils peuvent alors agir comme espĂšce parapluie de protection des autres ressources naturelles. Un projet rĂ©alisĂ© au Kenya, combinant conservation des forĂȘts et amĂ©lioration des moyens d’existence grĂące aux insectes commerciaux (abeilles mellifĂšres et papillons de soie), a permis d’augmenter la biodiversitĂ© des forĂȘts. Des recherches sur ce sujet pourraient, par exemple, mettre l’accent sur les chenilles mopane et les fourmis tisserandes d’Asie.

Les planificateurs de la sĂ©curitĂ© alimentaire et les gestionnaires des forĂȘts devraient ĂȘtre davantage conscient de la maniĂšre selon laquelle la valeur des insectes comestibles bio dans les Ă©conomies rurales affecte, et est Ă  son tour affectĂ©e par les stratĂ©gies de gestion des ressources naturelles locales, notamment agricoles et concernant les feux de brousse, l’utilisation des pesticides, et la conservation des arbres. Dans des rĂ©gions comme le Bassin du Congo, l’Afrique de l’Ouest ou l’Asie du Sud-Est, les insectes bio contribuent de maniĂšre significative Ă  la sĂ©curitĂ© alimentaire et aux moyens de subsistance de millions de personnes en constituant une source fiable de protĂ©ines, glucides, vitamines, et pour les mĂ©decines traditionnelles. La rĂ©colte d’insectes bio sauvages, qui requiert une main-d’Ɠuvre abondante mais ne nĂ©cessite aucun investissement majeur ni propriĂ©tĂ© fonciĂšre, comme leur transformation et vente sur les marchĂ©s locaux, est Ă  la portĂ©e des populations pauvres, en particulier des femmes et des enfants qui peuvent ainsi gĂ©nĂ©rer de l’argent comptant. Mais surtout, comme TolĂšde et Burlingame (2006) le suggĂšre, la nutrition et la biodiversitĂ© constituent la base Ă  partir duquel il est possible de rĂ©duire la moitiĂ© du nombre de personnes qui souffrent de la faim Ă  2015.


[Total : 1    Moyenne : 4/5]

Les insectes ne sont pas seulement comestibles, mais il sont aussi bons pour votre santé !

En moyenne, nous consommons tous les jours des insectes sans nous en rendre compte. Selon le US Food and Drug Administration, le chocolat peut avoir un total de 60 particules d’insectes par 100g, la sauce tomate 30 oeufs de mouches par 100 g, la cannelle moulue peut avoir jusqu’à 800 fragments d’insectes et le beurre d’arachide contient souvent environ 30 bits d’insectes pour 100g. Bien sĂ»r, cela est tout Ă  fait naturel et ne cause aucun dommage Ă  la santĂ© humaine!

Est-ce que nous allons produire, avec nos mixeurs, des hachoirs à grillons ou des coupe-sauterelles ? Pas encore, néanmoins, lisez la suite


Selon la SociĂ©tĂ© entomologique des insectes d’AmĂ©rique, les insectes sont tout Ă  fait comestibles, et contiennent souvent plus de protĂ©ines et sont plus faibles en gras que les viandes classiques tels que le bƓuf et le porc. Les insectes sont riches en calcium et en fer, et peuvent ĂȘtre consommĂ©s vivants, cuits, grillĂ©s, lyophilisĂ©es ou en conserve pour la conservation. Il y a plus de 800 000 espĂšces d’insectes vivant sur ​​notre planĂšte et il est estimĂ© qu’il y en a beaucoup plus qui n’ont pas encore Ă©tĂ© dĂ©couverts ! Environ 1.500 espĂšces font partie de l’alimentation humaine en cours Ă  travers le monde. Les insectes qui sont apprĂ©ciĂ©s comme aliments comprennent les grillons, les vers de farine, les vers Ă  soie, les sauterelles, les criquets, scorpions, fourmis, punaises d’eau, parmi beaucoup d’autres.

la culture d’insectes nĂ©cessite beaucoup moins d’énergie que l’élevage d’animaux

la culture d’insectes nĂ©cessite beaucoup moins d’énergie que l’élevage d’animaux

Les insectes convertissent les dĂ©chets organiques tels que l’herbe, les feuilles, les lĂ©gumineuses, les pĂątes de fruits et lĂ©gumes en protĂ©ines comestibles. Contrairement aux bovins, les insectes ne doivent pas consommer de grandes quantitĂ©s de cĂ©rĂ©ales ou des grains afin de produire cette protĂ©ine. Cela rĂ©duit les coĂ»ts financiers et l’utilisation des terres qui est nĂ©cessaire pour la production d’aliments pour le bĂ©tail.

Les insectes sont ectothermes, ce qui signifie qu’ils s’appuient sur des sources de chaleur de l’environnement tels que le soleil pour survivre. Les animaux et les oiseaux sont endothermes et ont besoin de se chauffer pour survivre. L’avantage de cela est que la culture d’insectes nĂ©cessite beaucoup moins d’énergie que l’élevage d’animaux, ce qui Ă  son tour rĂ©duit la production et les coĂ»ts de gestion.
Comme la population humaine continue d’augmenter, les terres Ă  usage agricole continuent Ă  dĂ©croĂźtre. On estime que d’ici 2020 il y aura plus de 9 milliards de personnes qui vivent sur ​​la terre, c’est-Ă -dire 2 milliards de plus qu’aujourd’hui ! S‘il y a plus de gens alors il y a une grande demande pour la nourriture et la terre. Les ressources naturelles sont dĂ©jĂ  limitĂ©es et les prix alimentaires augmentent rapidement. Le rĂ©chauffement climatique causĂ© par le bĂ©tail comporte un rĂ©el besoin d’un systĂšme production alimentaire plus durable. En comparaison Ă  l’élevage traditionnel, comme les bovins ou les porcs, les insectes dĂ©gagent beaucoup moins de gaz Ă  effet de serre, ont besoin de beaucoup moins d’espace de gestion des terres, et se reproduisent Ă  un rythme beaucoup plus rapide.
On estime qu’il y a plus de 200 millions d’insectes pour chaque ĂȘtre humain. Les insectes se reproduisent rapidement et nĂ©cessitent seulement de deux kilogrammes d’aliments pour chaque kilogramme de poids gagnĂ©.


[Total : 1    Moyenne : 5/5]

L’entomophagie ( le fait de manger des insectes ) est une pratique contemporaine dans plus d’une centaine de pays sur la planĂšte : ThaĂŻlande, Laos, IndonĂ©sie, Afrique du sud, Botswana, Venezuela, Colombie, Mexique … Sans compter les tribus indigĂšnes.

Dans la plupart des cas, ces insectes comestibles bio tiennent une part importante dans le régime alimentaire des populations concernées.

Mais pourquoi donc ?

Les insectes comestibles bio prĂ©sentent une variĂ©tĂ© de texture et de saveurs aussi importante qu’il y a d’espĂšces comestibles ( plus de 1500 environ ). Cependant, trĂšs souvent, ils sont prĂ©parĂ©s pour prĂ©senter un croustillant, voire un croquant , trĂšs agrĂ©able en bouche. Leur goĂ»t est en gĂ©nĂ©ral assez lĂ©ger et permet aux Ă©pices les accompagnant de s’exprimer au maximum.

Ce sont ces caractéristiques gustatives qui en font un met trÚs apprécié dans de nombreux pays. En Thaïlande, par exemple, contrairement aux idées reçues, la raison principale de manger des insectes bio est leur goût trÚs recherché loin devant le poids culturel ou le manque de ressources alimentaires.

Un des avantages principaux des insectes comestibles bio, et c’est peut-ĂȘtre le plus connu, est qu’ils sont en gĂ©nĂ©ral composĂ©s de beaucoup de protĂ©ines. En fonction des espĂšces, le taux varie bien sur mais il avoisine trĂšs souvent 60% de protĂ©ines en poids sec. C’est une raison pour laquelle la FAO encourage fortement l’entomophagie ; elle publie un tableau rĂ©sumant cette caractĂ©ristique dans son codex alimentarius dĂ©diĂ© aux insectes bio : valeurs en poids et pour 100g

Cliquer sur le tableau pour l’agrandir 

Tableau des valeurs nutritives par insectes comestibles bio

Tableau des valeurs nutritives par insectes comestibles bio

FAO : Food and agriculture organization, soit « Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture », une organisation des Nations unies.
On constate que le taux de protĂ©ines dans les insectes comestibles bio est en gĂ©nĂ©ral comparable Ă  celui de la viande de bƓuf et dans certains cas il est mĂȘme nettement supĂ©rieur ( sauterelles et grillons ).
En complĂ©ment de cette nature super protĂ©inĂ©e, les insectes comestibles bio sont souvent riches en vitamines et minĂ©raux. On constate des taux importants de fer, phosphate, calcium et potassium chez le grillon et la sauterelle et une importante prĂ©sence de vitamines A, B2 et C dans la composition de nombreux orthoptĂšres ( grillon, sauterelles, … ) et lĂ©pidoptĂšres ( vers Ă  soie, vers de bambou, … ).

Une solution d’avenir Ă©cologique :

Comme l’exprime la FAO depuis plusieurs annĂ©es, les insectes comestibles bio reprĂ©sentent une formidable ressource Ă©cologique pour nourrir une grande partie de l’humanitĂ©. Les problĂšmes actuels rĂ©pandus de sous-nutrition et malnutrition ainsi que les projections dĂ©mographiques pour la planĂšte d’ici 2050 ( estimation des Nations Unies de 9 milliards d’humains ) laissent envisager un futur assez difficile pour nos enfants si les choses restent comme elles sont. Heureusement nous avons diffĂ©rentes solutions Ă  notre disposition et manger des insectes bio est l’une des plus efficaces et des plus Ă©cologiques.

Les insectes comestibles bio ont des cycles de reproduction trĂšs courts ( environ 2 mois pour le grillon ) et un taux de reproduction trĂšs Ă©levĂ© ( environ 1300 Ɠufs en 3 Ă  4 semaines de gestation pour le grillon ) en comparaison du bĂ©tail conventionnel. Ces deux caractĂ©ristiques permettent d’envisager de nourrir une grande quantitĂ© d’humains et de faire de façon naturelle, de façon “bio”.

D’autre part, les insectes sont des animaux Ă  sang froid et possĂšdent ainsi un taux de conversion alimentaire extrĂȘmement Ă©levĂ©. En effet, lorsqu’il faut 10kg de vĂ©gĂ©taux pour obtenir 1kg de protĂ©ines de bƓuf, il ne faut que 2kg de vĂ©gĂ©taux pour obtenir le mĂȘme kg de protĂ©ines d’insectes comestibles bio. De plus, la surface nĂ©cessaire pour faire un Ă©levage d’insectes comestibles est trĂšs infĂ©rieure Ă  celle nĂ©cessaire aux Ă©levages de bĂ©tail conventionnel. Ceci a un Ă©norme impact alimentaire et Ă©cologique.
PremiĂšrement, une grande quantitĂ© de surfaces agraires est ainsi libĂ©rĂ©e pour revenir Ă  des cultures vivriĂšres pour l’homme et non pour le bĂ©tail et deuxiĂšmement la facture Ă©nergĂ©tique pour produire 1kg de protĂ©ine est grandement rĂ©duite.
Mais la liste des avantages Ă©cologiques de l’entomophagie ne s’arrĂȘte pas lĂ . Les Ă©missions de gaz Ă  effets de serre liĂ©es Ă  un Ă©levage d’insectes comestibles bio sont bien infĂ©rieures Ă  celles observĂ©es dans un Ă©levage porcin par exemple et jusqu’Ă  100 fois infĂ©rieures Ă  celle observĂ©es dans un Ă©levage bovin. Les Ă©missions d’ammoniac sont elles aussi bien infĂ©rieures.
Toutes cas caractĂ©ristiques font de l’entomophagie l’une des meilleurs solutions d’avenir pour rĂ©duire l’impact Ă©cologique de l’agriculture, estimĂ© aujourd’hui Ă  13.5% des Ă©missions humaines d’aprĂšs le GIEC.

GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’Ă©volution du climat


[Total : 0    Moyenne : 0/5]

L’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture vient de publier un rapport qui encourage fortement Ă  consommer des punaises tant pour combattre la famine dans les pays en voie de dĂ©veloppement que pour diminuer le tour de taille des Occidentaux.

Puisque la population de la planĂšte est sur la bonne voie pour dĂ©passer les neuf milliards en 2050, on ferait mieux de s’habituer Ă  grignoter ces petites bĂȘtes “effrayantes” , qui sont par ailleurs beaucoup plus nutritives en protĂ©ines et efficaces que les produits issus de l’agriculture et des usines.

Combattre l’obĂ©sitĂ© et la famine grĂące aux insectes bio

Vous avez trĂšs probablement tous dĂ©jĂ  ingĂ©rĂ© certains de ces insectes – ou tout du moins du dĂ©rivĂ© de ceux-ci. Forbes note que la cochenille, utilisĂ©e dans la teinture alimentaire, vient d’une punaise de cactus ronge. Les earworms creusent dans les Ă©pis de maĂŻs pour se nourrir et ils se retrouvent donc dans le maĂŻs en conserve. Et la FDA autorise vingt larves dans cent grammes de champignons et deux milles cinq cents pucerons pour dix grammes de houblon.

Vos frĂšres et soeurs plus ĂągĂ©s, et mĂȘme vos parents, vous ont probablement effrayĂ©s avec des histoires du genre que l’on avale en moyenne huit araignĂ©es par an dans notre sommeil (bien que statistiquement, cela pourrait s’avĂ©rer exact pour un ensemble de lits superposĂ©s).

Savoir que l’on mange secrĂštement des parties d’insectes dans notre nourriture quotidienne ne pose pas de problĂšme pour la majoritĂ© du monde occidentale. En effet, c’est lorsqu’il ressemble Ă  une punaise, marche comme une punaise et croque sous la dent comme un scarabĂ©e frit Ă©picĂ© que les AmĂ©ricains (et les EuropĂ©ens) deviennent un peu sensibles et nerveux. Nous n’apprĂ©cions gĂ©nĂ©ralement pas de dĂ©celer la forme, l’apparence rĂ©elle, de la nourriture que nous consommons.
Personne ne discute la valeur nutritionnelle de l’entomophagie. Mais Forbes remet en question les affirmations de l’ONU quant au manque prochain et inĂ©vitable de nourriture conventionnelle; et ce pour trois raisons : les rendements des culture sont de plus en plus de 1% voire plus par an, les niveaux de production ont de la place pour amĂ©liorer leur rendement comme en Afrique et, enfin, la moitiĂ© de la nourriture du monde est gaspillĂ©es de toute façon.

Alors, vraiment, dans cette optique, les pĂ©nuries alimentaires sont plus une question de prĂ©servation de l’approvisionnement alimentaire que la dĂ©couverte d’autres aliments et alimentations.

“Certaines de nos pertes viennent du monde riche qui achĂšte trop, pour finir par ne pas terminer leur assiette et ainsi de suite ” Ă©crit le collaborateur de Forbes Tim Worstall, “ mais la grande majoritĂ© est, ironiquement, mangĂ© par les insectes mĂȘme que l’on nous dit d’aller manger”.

Et ce jusqu’à ce que la moitiĂ© de la nourriture pourrisse dans les pays pauvres avant que la rĂ©colte n’arrive dans leur assiette.

“Si on pouvait diminuer ces pertes de denrĂ©es alimentaires des pays pauvres pour atteindre le mĂȘme niveau de gĂąchis que nous avons dans les pays riches alors, encore une fois, nous ne manquerions pas de nourriture”.

Apportant bien entendu des ascenseurs de grain, des usines de traitement, des transports rapides et des Ă©piceries rĂ©frigĂ©rĂ©es, par exemple, le Zimbabwe serait tranquille
 mais la tĂąche n’est pas simple.